Deuxième attaque à l’extincteur de peinture sur le Flow et la gendarmerie

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La semaine dernière, le Flow a subi une nouvelle attaque à l’extincteur de peinture. Alors que nous prenions des photos devant, son directeur est venu échanger quelques mots avec nous, informellement, autour d’une cigarette. « On doit attendre longtemps avant que les services de nettoyage interviennent. Je suis obligé d’aller porter plainte à chaque fois pour les assurances. Ce sont les DMP qui ont fait le coup. Ils se trompent de cible ».

 

La même nuit, la gendarmerie boulevard Louis XIV se fait également recouvrir de peinture.  Un article dans 20 minutes y fait référence et émet une hypothèse complètement farfelue : « cet acte de vandalisme intervient trois ans, presque jour pour jour, après que Dominique Strauss-Kahn a été entendu dans les locaux de cette même gendarmerie dans le cadre de l’affaire du Carlton. » Le « journaliste » n’a pas dû traverser le trottoir pour voir l’immense « ACAB » (« All Cops Are Bastards ») sur la maison murée juste en face de la gendarmerie.

Il y a deux mois, alors que nous tournions notre prochain web documentaire « Géograffiti, un autre visage du Nord », nous étions tombés sur une tentative ratée d’évacuation de cet ancien squat par les forces de l’ordre. En réaction aux inepties lues dans 20 minutes, nous avons monté ce petit reportage : non DSK n’a rien à voir dans les attaques à l’extincteur de peinture sur la Métropole lilloise.

 

Récit de l’évacuation : https://fr.squat.net/2015/02/10/lille-recit-dune-petite-victoire-face-a-la-police-a-la-mangouste/

En fouillant un peu : http://lesazas.org/2015/03/25/lille-attaque-a-la-peinture-contre-la-gentrification-et-les-expulsions/

Article de 20 minutes : http://www.20minutes.fr/lille/1570119-20150324-lille-facade-gendarmerie-repeinte-rose

Le CECU attaqué à l’extincteur de peinture

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Le Centre Eurorégional des Cultures Urbaines (qui sera prochainement renommé le FLOW) s’est fait recouvrir, la semaine dernière, par de larges flots de peinture.

La technique utilisée, apparue il y a quelques années, est celle de l’extincteur rempli de peinture. C’est une des plus spectaculaires car elle permet de réaliser en très peu de temps d’immenses tags pouvant recouvrir des dizaines de mètres carrés de surface.

 

 

 

Le graffeur et homme d’affaire Krink (il a développé une marque du même nom de produits pour le graffiti) a même conçu un extincteur spécialement pour la peinture. Il est invité dans des galeries du monde entier pour y exposer ses célèbres coulures.

Graffiti à Lille : de grandes difficultés pour réaliser des fresques

Cultur’All est une structure composée, entre autres, de membres actifs des cultures urbaines ayant un fort penchant pour l’audiovisuel. Nous nous battons au quotidien pour promouvoir le travail des artistes et leur permettre de mener à bien leurs différents projets. Une de nos activités est l’observation des graffitis, pochoirs, collages et autres affiches dans la ville de Lille. Nous avons constaté qu’un certain nombre de murs taggués et effacés très régulièrement gagneraient à accueillir des fresques. Cela colorerait le quartier, donnerait des espaces d’expression aux artistes lillois tout en faisant économiser de l’argent à la municipalité qui dépense plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année dans l’effacement des tags sauvages.

Il faut dire que la ville de Lille, comparée à Paris, Berlin, Montréal et bien d’autres est assez pauvre en fresques de grande envergure alors que la métropole regorge de collectifs largement capables. Il y a deux principaux lieux où le graffiti est autorisé : le Skate Parc de Lille Sud et le terrain de la rue de Fontenoy. Le premier grand mur de plus de 3m de haut à avoir été peint légalement est celui d’Isham en face du commissariat de Lille Sud. Il est aujourd’hui détruit. Depuis la dernière édition des « fenêtre qui parlent » on voit apparaître des fresques sur des maisons de particuliers. La Biennale d’Art Mural du collectif Renart, les murs du Faubourg de Béthune d’Abaze d’Atom et quelques fresques épisodiques d’autres collectifs comblent un peu ce manque en murs peints. Ce n’est pourtant pas faute de projets. Nous en avons déposé plusieurs qui se brisent devant les refus du service d’urbanisme, et une incroyable complexité pour juste aller mettre un peu de couleur sur la grisaille ambiante.

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Voici une de nos dernières expérience avortée :

Ce qu’on appelle communément « Street Art » connaît un engouement mondiale : on voit fleurir d’immenses pignons de façades peints à travers toute la planète. Non pas dans les musées mais dans la rue, la puissance de ce mouvement artistique est de placer l’art dans le quotidien des gens. C’est pour cela qu’il rencontre un si large soutien. Maintenant que la municipalité a ouvert un lieu entièrement consacré au Hip Hop, va-t-on enfin pouvoir réaliser plus facilement des fresques à Lille?

Graffiti Machine

Vidéo réalisée par Lucas Takerkart et Thomas Dadoun pour Dr Colors. Cette machine a été construite à l’occasion de l’exposition « A Nous York » à la Maison Folie Wazemmes. Elle met à l’honneur de grands noms du graffiti US en reproduisant leurs tags (presque) à l’identique. Le célèbre graffeur Jonone intervient d’ailleurs dans la vidéo et s’essaye à comparer son tracé avec celui de la machine : qui des deux a réalisé le plus beau tag?

 

Un deuxième montage plus long et plus expérimental a été réalisé par Thomas Dadoun. Il est présenté à l’exposition NOUVEAUX TRAITS au Bureau d’Arts et Recherche à Roubaix du 10 au 28 novembre 2015.

Pour une politique publique de développement artistique

Petite liste non exhaustive de murs et palissades sur Wazemmes qui gagneraient à être décorés par une fresque.

La ville de Lille dépense depuis des années des centaines de milliers d’euros dans l’effacement des graffitis. Cela dans une logique binaire tag/effacement, sans qu’il n’y ait aucune évolution… Une animation de VandalPatrol (4letters) résume bien la situation cliquez ici pour la visionner.

L’idée est donc de repérer des endroits dans la ville de Lille, régulièrement taggués et d’y mettre des fresques, ce qui contribuerait au développement artistique, culturel et touristique de notre ville tout en égayant le décor bien trop grisâtre des habitants. Cela permettrait également d’économiser de l’argent, car l’effacement des tags par des entreprises privées coûte très cher aux contribuables.

Maison abandonnée Wazemmes :

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Maison murée croisement Paul Lafargue/rue Van Dyck

Lisbonne sur le même type de bâtiments

Garage Rue d’Austerlitz

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Rue Jean du Solier

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Rue Wagram

 

Cette palissade symbolise l’absurdité du traitement du tag à Lille car pendant au moins 5 ans, elle a été tagguée et effacée plusieurs fois par an en laissant d’affreuses marques de peintures marrons et verdâtres appelées « traces de propreté ». Des milliers d’euros ont été gaspillé sur cette palissade qui va enfin disparaître, alors qu’une fresque aurait réglé ce problème et embelli le quartier tout en offrant un espace d’expression à des artistes lillois.

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Angle rue Magenta et rue Jules Guesdes

Ces panneaux en bois sont régulièrement recouverts d’une peinture marron : à quand des supports d’expression libre plutôt qu’un gaspillage d’argent public?

 

Rue des sarrasins

Ce mur est taggué et effacé plusieurs fois par mois, à quand une fresque dessus ?

Petite ouverture finale : quand de célèbres vandales en tenue de nettoyage peignent en pleine journée des « traces de propreté » pour dénoncer le traitement des graffitis dans la ville de Nolens :

NOLENS-VOLENCE from benjamin toutcourt on Vimeo.

Exposition « La Grande Guerre des Femmes »

Cultur’All a réalisé la scénographie de la partie contemporaine de l’exposition « La Grande Guerre des Femmes » qui aura lieu au Musée d’Ethnologie Régional de Béthune du 20 sept. 2014 au 15 mars 2015 ainsi que l’installation photo/vidéo et l’affiche de l’exposition. Les maîtres d’oeuvre de ce projet ont été Armel Domagala, Marc Antoine Martel et Lucas Takerkart.Affiche la grande Guerre des Femmes

Voici quelques images de l’inauguration de l’exposition :