Graffiti à Lille : de grandes difficultés pour réaliser des fresques

Cultur’All est une structure composée, entre autres, de membres actifs des cultures urbaines ayant un fort penchant pour l’audiovisuel. Nous nous battons au quotidien pour promouvoir le travail des artistes et leur permettre de mener à bien leurs différents projets. Une de nos activités est l’observation des graffitis, pochoirs, collages et autres affiches dans la ville de Lille. Nous avons constaté qu’un certain nombre de murs taggués et effacés très régulièrement gagneraient à accueillir des fresques. Cela colorerait le quartier, donnerait des espaces d’expression aux artistes lillois tout en faisant économiser de l’argent à la municipalité qui dépense plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année dans l’effacement des tags sauvages.

Il faut dire que la ville de Lille, comparée à Paris, Berlin, Montréal et bien d’autres est assez pauvre en fresques de grande envergure alors que la métropole regorge de collectifs largement capables. Il y a deux principaux lieux où le graffiti est autorisé : le Skate Parc de Lille Sud et le terrain de la rue de Fontenoy. Le premier grand mur de plus de 3m de haut à avoir été peint légalement est celui d’Isham en face du commissariat de Lille Sud. Il est aujourd’hui détruit. Depuis la dernière édition des « fenêtre qui parlent » on voit apparaître des fresques sur des maisons de particuliers. La Biennale d’Art Mural du collectif Renart, les murs du Faubourg de Béthune d’Abaze d’Atom et quelques fresques épisodiques d’autres collectifs comblent un peu ce manque en murs peints. Ce n’est pourtant pas faute de projets. Nous en avons déposé plusieurs qui se brisent devant les refus du service d’urbanisme, et une incroyable complexité pour juste aller mettre un peu de couleur sur la grisaille ambiante.

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Voici une de nos dernières expérience avortée :

Ce qu’on appelle communément « Street Art » connaît un engouement mondiale : on voit fleurir d’immenses pignons de façades peints à travers toute la planète. Non pas dans les musées mais dans la rue, la puissance de ce mouvement artistique est de placer l’art dans le quotidien des gens. C’est pour cela qu’il rencontre un si large soutien. Maintenant que la municipalité a ouvert un lieu entièrement consacré au Hip Hop, va-t-on enfin pouvoir réaliser plus facilement des fresques à Lille?